Parlons d'hygiène féminine

En tant que femmes, toute notre vie s’accorde au rythme de nos cycles menstruels qui, de la puberté à la ménopause, sont ponctués par les quelques jours où nous recevons nos règles. Partout à travers le monde et les âges, les femmes ont eu recours à divers moyens pour éponger leur flot. De l’éponge de mer aux feuilles de bananier en passant par les guenilles de nos grand-mères, on en est venues à utiliser ces tampons et serviettes sanitaires que l’on jette après usage. Savez-vous de quoi ils sont faits?

Les produits d’hygiène féminine sont fabriqués à partir de rayonne, elle-même dérivée de la pulpe de bois blanchie au chlore. Ce processus de blanchiment de la pulpe de bois produit de la dioxine, un sous-produit potentiellement nocif dont la présence généralisée dans l’environnement constitue une sérieuse menace à l’échelle planétaire. On sait que la dioxine s’accumule dans les tissus gras des animaux et des humains; imaginez à quoi s’expose une femme qui utilisera environ 11,000 tampons au cours de sa vie!

Dans la fabrication des tampons et serviettes hygiéniques, on combine souvent les fibres de rayonne à celles du coton. Or, le coton est l’une des cultures intensives les plus soumises à l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques dont les aspects toxiques ne sont plus à prouver. Ces substances ne peuvent être éliminées dans le processus de transformation et restent liées aux fibres. En tant que femmes, l’utilisation de ces produits nous expose davantage à ces substances nocives. Pourtant, il semble de plus en plus clair que même de faibles taux de dioxines peuvent être liés au développement de cancers, dont celui du sein et de l’utérus, ainsi qu’à l’endométriose et à l’affaiblissement du système immunitaire. Nous passerons sous silence toutes les autres matières synthétiques qui entre dans ces produits: tissu perma-sec, parfums, gels absorbants et je ne sais quoi pour rendre les menstruations encore plus invisibles, voire inexistantes.

Irritations, démangeaisons, infections, infertilité et cancer pourraient être liés à l’utilisation de ces produits bourrés d’agents chimiques nocifs. Sans revenir au temps préhistoriques, des solutions existent pour éviter de nous exposer inutilement. Il existe sur le marché des serviettes hygiéniques lavables faites de coton non blanchi. Elles sont confectionnées avec soin pour être pratiques et confortables. Les produits jetables de toutes formes et formats sont aussi disponibles, serviettes et tampons, faits à base de coton bio non blanchi. Vous trouverez aussi sur le marché les « coupes menstruelles », une solution super écologique qui gagne la faveur des plus averties. Demandez conseil à nos conseillères…

Louise Pineault et Carole Charron